Message de la prsidente de l’IRAC (October 01, 2003)

Futur de l’architecture et risque collectif. Le thme du prochain Festival d’architecture de l’IRAC, qui se tiendra dans la ville de Qubec, peut sembler de mauvais augure — mais l’architecture est une profession risque, en mme temps qu’un dfi technologique et un art avant-gardiste. Risque, certes — mais combien gratifiante, quand nous menons un projet bonne fin!

Assaillie par les problmes — les moisissures, les infiltrations d’eau, la responsabilit professionnelle inquitable, la rduction de la protection d’assurance, les mcanismes d’approbation complexes, pour n’en nommer que quelques-uns — notre profession s’vertue tout de mme avec audace offrir ce qu’elle a toujours offert — des btiments solides, qui rpondent aux besoins des usagers tout en tant esthtiques. Cependant, de nombreux btiments dparent encore notre environnement et nous avons la responsabilit professionnelle collective d’assurer l’avenir de l’architecture. La qualit de cet avenir est lie au dveloppement de nos potentialits et la transmission de nos connaissances.

ce jour, la plupart des associations provinciales d’architectes ont adopt ou envisagent d’adopter un programme obligatoire de formation continue. Nous devons applaudir leur efforts. Le perfectionnement professionnel est une source de renouvellement qui nous permet de rtablir des liens et de revitaliser notre pratique. C’est aussi un moyen opportun de ragir aux risques subjectifs de l’autodtermination professionnelle. L’IRAC, pour sa part, a accord un rang de priorit l’laboration et la prsentation d’activits de formation continue de qualit. Par contre, la dmarche collective nationale visant initialement actualiser les connaissances des architectes et accrotre la qualit au sein de notre profession est devenue une barrire bureaucratique la mobilit entre les provinces. En matire de formation continue, chaque association a adopt son propre systme et le manque de reconnaissance mutuelle est un fardeau dont se passeraient bien les architectes qui exercent ou dsirent maintenir leur droit d’exercer dans plus d’une province. Le Comit des conseils d’architecture du Canada (CCAC) s’emploie rsoudre ce problme — il est esprer qu’il y parviendra rapidement.

Nous apprenons de diverses faons et diffrents moments, mais nous apprenons toujours mieux lorsque la matire est pertinente. Le principe des ,normes sans normalisation, nonc dans le rapport Boyer-Mitgang sur l’avenir de la formation en architecture, publi il y a quelques annes, s’avre toujours juste lorsque nous analysons la qualit. Nous devons admettre qu’il existe diverses faons de satisfaire des normes leves, que ce soit dans les domaines de la reconnaissance mutuelle des diffrents programmes provinciaux de formation continue, de la reconnaissance internationale de qualifications professionnelles, des codes axs sur des objectifs ou des programmes de prix clbrant l’architecture.

L’anne dernire, l’IRAC a joint les rangs de l’Union internationale des architectes (UIA). Les reprsentants de la profession d’architecte au Canada, aux tats-Unis et au Mexique ont rcemment sign un accord trilatral. Par ailleurs, le Conseil des architectes d’Europe (CAE) attend de tous les pays membres de l’Union europenne qu’ils reconnaissent les qualifications professionnelles des architectes canadiens. Il prvoit en toute logique que nous reconnatrons galement les qualifications des architectes europens. Entre-temps, le CAE, l’American Institute of Architects (AIA) et le National Council of Architectural Registration Boards (NCARB) ont paraph un accord et poursuivent leurs ngociations. Dans un tel contexte, l’IRAC encourage vivement le CCAC tenir compte du programme international, culturel et promotionnel de l’IRAC, en plus du volet rglementaire dont il assume dj la responsabilit, afin que le Canada et le CAE puissent incessamment conclure un tel accord.

Un nombre tonnant de firmes canadiennes travaillent sur la scne internationale. Les programmes d’enseignement coopratif et les programmes d’tudes l’tranger amnent nos tudiants en architecture dans des endroits o la plupart d’entre nous n’avaient ni les moyens, ni le courage d’aller, il y a peine quelques annes. La plupart des Canadiens ont des liens avec d’autres pays — ou ils souhaitent tout le moins avoir l’occasion d’en tisser. Toutefois, il existe de grandes diversits entre les systmes d’ducation et la rglementation des divers pays. Pour tendre nos relations internationales et faciliter la mobilit des architectes, nous devrons accepter que la normalisation ne soit pas la seule manire de rgir les normes.

Nos tudiants suivent un programme d’tudes particulirement exigeant et aprs l’avoir complt, sont soumis d’autres rgles avant d’tre autoriss exercer la profession ou porter le titre d’architecte. Nos stagiaires sont de plus en plus gs et de moins en moins nombreux s’inscrire comme architectes. Les avantages de la mobilit dont ils disposent grce un programme reconnu travers l’Amrique du Nord sont annuls par les cots qui en dcoulent. D’autre part, il y a galement cette vision dsolante d’excellents architectes qui essaient tant bien que mal d’obtenir des points de formation continue. Il faut des annes avant d’avoir construit quelques btiments et d’avoir appris notre mtier. Comme le disait un praticien expriment qui se pliait une exigence du programme de formation continue,: ,C’est la meilleure chose qui est arrive cette profession depuis longtemps. Je peux de nouveau jouer un rle au sein de la profession et je fais partie d’un groupe de travail qui obtient des rsultats tangibles. Je n’aurais jamais pu y parvenir par moi-mme. Je suis heureux de pouvoir partager mes connaissances.,

Avant que tout cet enthousiasme ne s’estompe, nous devons sans dlai nous pencher sur la viabilit des rgles que nous nous sommes imposes en tant qu’architectes. Il faudra aborder les questions portant sur la reconnaissance de spcialits dans la profession; les exigences de formation, d’exprience pratique et d’examens pralables au droit d’exercice et l’utilisation du titre; et le transfert, des organismes ou des cabinets, des exigences qui s’appliquent actuellement des individus. Nous devrons dterminer de nouvelles manires d’atteindre de hauts standards de qualit — sans tout normaliser.

Futur de l’architecture et risque collectif.

Ville de Qubec, du 16 au 19 juin 2004. Soyez-y!

Bonnie Maples, FRAIC

X